Le journal de M

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Vendredi 23 Mai 2008 à 8h00

Début janvier. Réconciliation avec mon frère. Ça faisait 5 ans qu’on se parlait plus. Avec mon frère, ça toujours été périlleux. Il ressemble beaucoup à ma mère… trop à mon goût. C’est un bon vivant, toujours avec des blagues. Avec lui, on ne s’ennuie pas, toujours une connerie à dire ou à faire pour faire rire le monde. Mais c’est un manipulateur, un menteur et ya jamais rien qui est de sa faute.

Tout le contraire de moi, sur toute la ligne. Il a lâché l’école avant d’avoir 16 ans, il a habité chez mes parents jusqu’à l’âge de 22 ans environ, sporadiquement. Il avait un appart, ça ne marchait plus, et il revenait chez mes parents. Il est tombé dans la drogue, il a volé et il est passé très près d’aller en dedans. Mais mes parents ont toujours été là pour le sortir de la merde. Je ne sais pas pourquoi il est comme ça, mais il pense que tout lui est dû. Il profite des ses amis, ils le savent très bien, mais sont quand même toujours là pour lui.

En 1999, je travaillais à Montréal, dans une imprimerie. Mon frère était sur l’aide-sociale, ça n’allait pas bien dans sa vie et j’ai voulu l’aider. Je l’ai fait entrer où je travaillais, je le voyageais et je lui ai fait une place chez moi dans mon appart, je lui chargeais 25$ par semaine. Il a réussi à me devoir un peu plus de 200$, en quelques semaines. Quand je lui demandais de l’argent, il avait toujours des raisons pour ne pas me payer. À 25$ par semaine, c’était plutôt symbolique comme montant, je voulais qu’il s’en sorte mais je n’avais pas l’impression qu’il était reconnaissant, j’avais plutôt l’impression qu’il profitait de moi.

Décembre 2000. Mon frère reste avec sa blonde, et cette fille là, tout le monde de la famille la déteste. C’est une folle ! Elle bat mon frère. Chaque semaine, mon frère a de nouveaux bleus qui apparaissent et comme une femme battue, ses raisons sont les mêmes. Il est tombé dans les marches, il s’est cogné, il s’est chamaillé avec un ami. On sait tous que ce n’est pas vrai. En plus, quelques-uns uns de ses amis ont déjà assisté à une scène où elle frappait mon frère. Je ne sais pas pourquoi, mais mon frère restait avec elle, il l’aimait. Pourtant, mon frère est pleinement capable de se défendre, mais il n’oserait jamais frapper une fille. C’est un très beau gars, toutes les filles lui courent après, mais il reste avec elle et subit ses crises, endure les coups. Mon frère habite avec sa blonde dans le sous-sol chez mes parents et ils savent très bien, eux aussi, ce qui se passe mais même s’ils tentent de parler à mon frère, il nie.

La veille de Noël, mon frère est chez mes parents avec sa blonde et un ami. J’ai dormi là et je suis entrain de me préparer pour aller fêter chez mes grands-parents. Je ne me souviens pas ce qui s’est passé, mais ce jour là, mon frère a péter toute une coche. Il était en bas avec sa blonde et tout à coup, il est monté en haut et s’est mis à crier après ma mère, il la poussait et un moment donné, il l’a tellement poussé fort qu’elle a levé de terre et elle est tombée sur le dos dans la cuisine. Tout ce que je me souviens ensuite, c’est que je suis descendue en bas pour engueuler sa blonde et lui dire qu’on en avait plein de cul toute la gang de son comportement, que mon frère était entrain de virer fou à cause d’elle. Et j’entends mon frère dégringoler les escaliers en me criant de lui foutre la paix. Il s’approche de moi et commence à me tabasser. Heureusement que je sais me défendre et que l’ami de mon frère est venu en courant pour nous séparer, sinon je pense que j’en aurais mangé toute une ! Mon frère ne s’est jamais excusé pour ça.

Je n’ai jamais été proche de mon frère parce que malgré tout ce que je faisais pour lui, il n’appréciait pas et ça finissait toujours par me retomber sur le nez. Comme la fois où je lui ai vendu ma laveuse/sécheuse. Il avait besoin d’électros et comme j’habitais avec S, j’ai décidé de lui offrir les miens, pour 100$. Ce n’était pas du neuf, mais elles fonctionnaient très bien et j’aimais autant les offrir pas char à mon frère, que de les vendre plus cher à un étranger. S avait même fait 1h de route pour aller lui porter chez lui, dans son appartement. Il ne lui restait qu’à les brancher. Il a donné 40$ à S en lui disant qu’il me payerait le reste la semaine ensuite. Trois semaines ont passé et je n’avais toujours pas de nouvelle de lui. Quand je l’ai rejoint, il m’a répondu en me disant que ma crisse de sécheuse séchait même pas et qu’il ne me payerait pas. Heu… allo ? C’est parce que ça fait 3 semaines que tu l’utilises… Évidemment, elle fonctionnait très bien et c’est ma mère qui a fini par me payer ce qu’il me devait. Je suppose qu’il n’avait pas d’argent et que c’est la meilleure solution qu’il ait trouvé pour me le dire.

Avec lui, c’était toujours comme ça. Et après cet épisode là, j’ai décidé que j’en avais assez de faire rire de moi, de me faire mentir en pleine face et qu’on me prenne pour une idiote. J’en avais assez de faire des efforts pour entretenir notre relation frère-sœur mais que lui n’en fasse aucun. Pire encore, peu importe ce qui se passait, c’était toujours de ma faute.

Cinq années ont passé avant que je ne reparle à mon frère. Quand je me suis séparée, j’ai passé un peu plus de temps « en campagne », chez mes parents. Je ne voulais pas passer mes week-ends seule, à pleurer dans mon coin alors j’allais voir mes parents, mes grands-parents, ma cousine. J’ai demandé l’adresse de mon frère à mes parents et je suis allé lui rendre visite.

Ça faisait tellement bizarre. Il avait 19 ans la dernière fois que lui ai parlé, il en avait 24 maintenant. J’avais l’impression de ne pas le connaître, même physiquement je trouvais que ce n’était plus le même, il avait beaucoup changé. Je suis restée là plus d’une heure à discuter avec lui. Il venait de se faire une blonde, il travaillait maintenant comme transporteur d’automobiles, il s’était replacé les pieds, avait lâché la drogue, il avait mis de côté ses « amis » avec qui il trippait quand il était là dessus. Il avait l’air bien, il avait l’air en santé et j’étais contente de le revoir. Je lui ai dit que je reviendrais sûrement le voir et quand j’ai quitté, on s’est serré dans nos bras. Ça m’a fait chaud au cœur, j’étais vraiment contente qu’il revienne dans ma vie.

Je descendais tous les week-ends et j’allais lui rendre visite tous les week-ends. Il habitait en colocation avec F, un ami à lui qui avait 21 ans. Mon frère m’a offert de coucher chez lui et je dormais sur le divan du salon. Après 2 fins de semaine, F m’a demandé si j’aimerais dormir avec lui, que je serais plus confortable. À partir de ce moment là, je descendais chez mon frère tous les week-ends. J’arrivais le vendredi soir et je repartais le lundi matin, pour aller travailler.