Le lendemain soir, c’était le party de Noël de son travail. Chaque année, il y avait un souper dans une grande salle de réception. Des chambres sont réservées à un prix réduit pour le personnel de l’entreprise, avec service de limousine qui vient nous chercher et nous ramener à la chambre. S avait réservé pour 2 personnes mais quelques jours avant, il m’a dit qu’il préférait y aller seul finalement, qu’il se sentait plus à l’aise ainsi et qu’il aimerait faire la fête avec ses collègues de travail.
J’avais un très mauvais pressentiment mais S me disait de ne pas m’inquiéter, que je me torturais l’esprit pour rien. Ce jour là, il m’a même conseillé d’aller passer la journée et la soirée avec sa mère, ce que j’ai fait finalement. Et toute la soirée ou presque, D et moi on a discuté de ce qui m’arrivait. Elle m’a confié ne pas reconnaître S, que son comportement la surprenait, elle aussi, et qu’il agissait peut-être ainsi pour faire sortir le trop plein qu’il avait accumulé au cours des derniers mois. J’ai quitté D en fin de soirée et je suis revenue à la maison, le cœur triste en sachant que S ne rentrerait pas cette nuit puisqu’au départ, nous avions réservé la chambre et qu’il était trop tard pour avoir un remboursement.
À 3h ce matin là, je me suis réveillée en pleurant, j’avais vraiment le pressentiment qu’il se passait quelque chose. Chaque année les chambres étaient réservées au même endroit alors j’ai rejoint la réception et j’ai demandé la chambre de S. On m’a transféré mais le téléphone a sonné et il n’a pas répondu. Je me suis dit qu’il n’était peut-être pas encore entré, j’ai raccroché mais je n’ai pas réussi à me rendormir.
Le lendemain matin, j’avais les boules et j’ai appelé son télé-averstisseur mais il ne m’a pas rappelé. Il est arrivé vers 11h et m’a trouvé au lit. Je pleurais, j’étais inquiète et surtout, j’avais ce foutu feeling bizarre qui me poursuivait. S est venu s’étendre à côté de moi, m’a pris dans ses bras en me disant de ne pas m’en faire, que je m’inquiétais pour rien, qu’il avait pris ça relax et qu’il était dans la voiture quand il a reçu mon appel.
On a passé la journée à discuter, je pleurais souvent mais il était doux avec moi. On parlait beaucoup de nos sentiments, je lui disais que je comprenais qu’il en soit rendu là, que nos éternelles chicanes étaient pas évidentes à vivre. Je lui ai dit que je l’aimais et que je trouvais bien triste qu’il ne réussisse pas à voir tous les efforts que je faisais ces derniers mois, tout le travail que j’avais fait sur moi. Il me disait toujours que pour lui c’était terminé, que toutes nos disputes avaient fait en sorte qu’il avait atteint un point de non-retour. Mais malgré ses mots, je ne le croyais pas… il était trop attentionné à mon goût envers moi.
C’est bizarre mais je n’arrive pas à me rappeler comment j’ai su… Je ne me souviens pas si c’est S qui me l’avait dit ou si je l’ai découvert moi même… Mais je me souviens que pour moi ça eu l’effet d’une bombe ! S voyait une autre fille ! Ça ne se pouvait tout simplement pas, c’était impossible, je le croyais pas ! Pas ELLE en plus ! Tout mais pas ça !!!
La terre s’est arrêtée de tourner, j’avais mal au cœur, ça ne se pouvait tout simplement pas. Je rêvais et j’allais me réveiller d’un instant à l’autre. Il est allé avec elle à son party de bureau alors que quelques jours seulement avant, c’est moi qui devais l’accompagner. Et cette nuit là, il a couché avec elle alors que la veille, on venait de faire l’amour. Quelle conne j’étais ! Et dire que cette nuit là, j’avais un très mauvais pressentiment, j’étais persuadée qu’il s’était passé quelque chose et le matin, il rentre en me consolant. Ouach ! Comment pouvait-il être si hypocrite ? Comment avait-il pu me faire ça, avec ELLE par dessus le marché ?
ELLE, c’était une fille qui jouait avec nous à la balle molle l’été, c’était la meilleure amie de J, la fille du couple d’amis chez qui on a passé la veille du Jour de l’An. Mariée, 2 enfants, et le genre qui couche avec tout ce qui bouge. Une fille assez le fun, qui fait des farces et avec qui je m’entendais bien. Avec qui je discutais sur MSN et avec qui je parlais à l’occasion de ma relation de couple. Elle savait que ça n’allait pas. Elle savait qu’en octobre j’avais voulu quitter S.
Elle trippait sur S en plus, elle me l’avait dit quand on s’est connu. Elle m’avait même dit en blaguant « un jour je vais me taper ton chum ». Ça me faisait juste rire. J’ai jamais été jalouse, au contraire, j’avais la certitude que S n’irait jamais voir ailleurs alors quand une fille le trouvait de son goût, ça me flattait plus qu’autre chose. S était au courant en plus, je lui en avais parlé et ça l’avait faire rire. Depuis la fin de l’été, elle m’achalait même pour un trip à 4 et je savais que ça intéressait pas S, on était pas comme ça. Je me souviens de lui avoir répondu que si elle réussissait à convaincre S, j’étais partante. Mais je savais très bien que S n’accepterait jamais cela alors pour moi, c’était plus comique qu’autre chose.
Depuis quand la voyait-il ? Selon lui, c’était une coïncidence, rien de plus. Ça n’avait rien à voir entre nous. Mon œil ! Comment peut-il me prendre pour une épaisse à ce point ? Et puis d’abord, s’il n’avait rien fait de mal, comment se fait-il que je n’étais pas au courant qu’il se voyait, qu’il se parlait via MSN depuis quelques semaines déjà ? Et il a eu le culot de me dire qu’il ne m’avait jamais trompé puisqu’il n’avait pas couché avec elle pendant qu’on était ensemble, même si elle lui a fait des propositions très ouvertes depuis un moment déjà. Qu’il lui avait toujours répondu qu’il ne coucherait jamais avec elle tant qu’il serait avec moi. Méchante consolation…
Je me suis mise à le détester. Plus j’en apprenais, plus j’étais abasourdi. Moi qui pensais le connaître mieux que personne, je me rendais maintenant compte que j’avais habité 5 ans avec un inconnu. À partir de ce jour là, je me suis mise à douter de toute notre relation. Comment pouvais-je faire la différence entre le vrai et le faux ? J’ai su que ça faisait déjà 3 mois qu’ils se parlaient via MSN, qu’à deux reprises il était allé chez elle. Que le jour où je suis partie chez ma cousine pour rencontrer Y le lendemain, où S était arrivé en retard, il avait passé la journée avec elle.
Mes idées s’embrouillaient, je n’arrivais plus à le croire. Je savais qu’il me disait la vérité sur certaines choses, mais sur d’autres, je doutais très fort et je lui disais. Après cette claque en plein visage, je me suis dit que c’était juste une passade, que j’allais tout faire pour reconquérir son cœur. On se parlait très ouvertement et toujours aussi calmement, collé un et l’autre.
Avec S, on avait quelques fois discuté de comment ça se passerait si un jour on se séparait et chaque fois, il me disait que ça se passerait bien, que ça se ferait calmement et dans le respect de l’autre. Ça été le cas, jusqu’au jour où sa relation avec l’autre s’est officialisée. Mon calvaire ne faisait que commencer…